Sous-préfecture d’Antony : quand les drames humains passent après les contraintes matérielles

Hier matin, jeudi 2 février, avait lieu une action devant la sous-préfecture d’Antony pour exiger que les demandeurs puissent être accueillis dans des conditions décentes.

De quoi s’agit-il? Voici ce qu’en écrit RESF :

La sous-préfecture d’Antony a rouvert le 24 janvier après deux mois de fermeture suite à un incendie. Pendant cette période pas de dépôt possible pour les nouvelles demandes. Une partie des rendez-vous déjà donnés a été honorée… à Nanterre. D’autres ont été annulés car les employés, transportés en car d’Antony à Nanterre n’arrivaient qu’à 10 heures et repartaient à 15 heures.

 

La situation est très tendue. Des centaines de personnes se pressent, par un froid glacial, tous les matins à partir de 5 heures, à la porte de la sous-préfecture. Certains ont perdu leur emploi et/ou toutes les prestations sociales pour n’avoir pas pu faire renouveler leur titre de séjour à temps.

 

Ces constats ont été aussi observés par la presse, pour preuve cet article du Parisien.

RESF lançait donc l’appel suivant:

Il est indispensable d’agir pour que les moyens nécessaires en locaux (bungalows) et en personnel soient accordés en urgence à la sous-préfecture. Il faudrait d’autre part obtenir que, faute de pouvoir traiter les dossiers selon la procédure « normale », la SP soit provisoirement autorisée à prolonger la validité des titres de séjour avec un simple tampon « Validité prorogée jusqu’au xx ».

 

Nous invitons les associations, les personnes, les élu(e)s à se venir devant la sous-préfecture le jeudi 2 février à 7h30, chacun(e) apportant des thermos de café et/ou de thé quelques viennoiseries à offrir à celles/ceux qui attendent dans le froid.  Ce sera un indispensable geste de solidarité à l’égard des étrangers maltraités mais aussi un moyen d’obtenir du gouvernement les moyens et autorisations exceptionnelles nécessaires.

 

Cet appel a été entendu. Outre de nombreux membres de l’association RESF et d’autres associations telles que la Ligue des Droits de l’Homme, de nombreux élus de gauche étaient présents, tels qu’Isabelle Delpech, élue municipale Front de Gauche, Annie-Laure Hagel, élue municipale EELV-PS-Citoyens, Hélène Cillères, élue Front de Gauche à Bagneux, Pierre Ouzoulias, conseiller départemental Front de Gauche, Vanessa Ghiatti, conseillère régionale Front de Gauche, Yasmine Boudjenah, candidate PCF aux législatives, et encore d’autres.

Vidéo de l’intervention de Yasmine Boudjenah

Vidéo du reportage de France 3 Paris-ÎdF

L’article de ce jour du Parisien

 

Outre les appels qui ont été lancés par d’autres élus d’Île de France, notre élue antonienne, Isabelle Delpech, a écrit au sous-préfet Philippe Maffre : 

Monsieur le Sous-Préfet,
Depuis la réouverture de la sous-préfecture, l’accueil des usagers pose problème, le froid et l’attente extrême aggravent la situation.

 

Si , comme vous le dites, et je n’en doute pas, vous réfléchissez à la situation, au moins dans l’immédiat, ces personnes ne peuvent-elles pas avoir une plage horaire d’accueil et dans l’attente, être mises à l’abri?

 

Monsieur le Premier Ministre a-t-il été alerté afin de débloquer exceptionnellement des moyens supplémentaires pour régler cette situation inhumaine?

 

Veuillez agréer, Monsieur le Sous-Préfet, l’expression de mes respectueuses salutations,

Isabelle Delpech
Conseillère municipale
Antony à Gauche

 

Nous publions ici la réponse de Philippe Maffre:

Madame,

 

Je vous remercie de ce message et de l’intérêt qu’il atteste pour le service public que nous offrons.

 

Le retard dans l’instruction des dossiers et la remise des titres, consécutif à l’incendie que vous savez, entraîne en effet une dégradation des conditions d’accueil. Celle-ci reste néanmoins sous contrôle.

 

Nous réfléchissons cependant à la mise en place d’une organisation différente faisant place, par exemple, à une spécialisation de l’accueil selon les types de dossiers et les plages horaires.

 

Le préfet a par ailleurs demandé au ministère des moyens supplémentaires en termes de vacation.

 

A moyen terme, la généralisation de la prise de rendez-vous, la dématérialisation et la mise en place des titres pluri-annuels devraient alléger la pression.

 

Cordialement,
Philippe Maffre.

 

Une réponse qui n’en est pas une, puisque sous couvert d’améliorer l’accueil, il parle bien de dématérialisation… En attendant de voir Internet et ses formulaires automatisés résoudre comme par magie tous ces problèmes humains (ce qu’il n’a jamais réussi à faire jusqu’à présent), on pourra toujours se poser des questions plus prosaïques, comme par exemple: Comment Monsieur Maffre ferait-il, s’il était à la place de ces gens, pour assurer son hygiène corporelle et sa dignité après trois heures d’attente … sans toilettes?

 



 

 

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