Destruction des services publics : deux bureaux de poste ferment à Antony

Des initiatives ont lieu en ce moment pour empêcher la mise à mort progressive du bureau de poste de Pajeaud, après celle du bureau de La Fontaine, et alors que des rumeurs circulent sur la fermeture de celui de Fenzy.

Alors que certains pensent ces fermetures “inéluctables” et qu’elles seraient “nécessaires et logiques”,  vous pouvez lire la lettre adressée par nos élus départementaux à la direction de la Poste (ci-dessous), qui explique nos positions. Non, ces fermetures ne sont pas nécessaires. Non, les raisons données ne sont pas bonnes. Il faut empêcher à tout prix la destructions progressive du service public.

Voici en détail en quoi consiste la réduction d’activité:

  • La Fontaine: Fermeture définitiveme le 15 février, l’épicerie Petit Tang prend en charge l’activité “instances”(courrier, colis), depuis aujourd’hui
  • Pajeaud : Fermeture partielle envisagée (matin ou après-midi) pour les opérations bancaires, les activités “instances” seront transférées au PIMMS ou Maison de services au public (Noyer doré). Selon sa “rentabilité” (fréquentation, opérations bancaires importantes ou non), elle pourra être fermée définitivement.

 

Ainsi donc la Fapt-CGT 92 a lancé une pétition pour empêcher la fermeture de ce bureau qui avait été ouvert (de haute lutte!) en 1982. Cette pétition est portée par d’anciens employés de La Poste (de ce bureau!) qui revendiquent la nécessité de bureaux de quartier. Elle est aussi portée par des habitants du quartier (tours du Breuil et de la Bièvre).

Jeudi 2 février au matin, des soutiens à cette pétition se sont réunis devant le bureau pour la faire signer. Étaient présents les membres de la CGT, les habitants du quartier, ainsi que des élus municipaux de gauche: Isabelle Delpech (liste Front de Gauche), Annie-Laure Hagel (liste EELV-PS-citoyens).

Voici l’un des premiers retours informels qui nous sont parvenus après cette séance de signatures :

Nous recensons à 13 h près de 300 signatures et nous avons constaté une adhésion souvent spontanée à cette action de défense du service public. Nous remercions tous ceux qui sont venus nous renforcer pour recueillir les signatures.

 

Vers 12 h 30 nous avons eu l’occasion de discuter avec un employé de La Poste Antony Leclerc, dont dépendent les bureaux de Pajeaud. S’il a nié une option de fermeture dans l’immédiat, il a confirmé une réorganisation du retrait des colis et lettres recommandés : ces activités seraient transférées au PIMM’S des Baconnets, ce qui est absurde pour les habitants du quartier qui ont une bureau de poste sur place.  Il nous a fait part d’une plaquette publicitaire qui renforce notre méfiance et nos inquiétudes sur l’avenir : les horaires du bureau Pajeaud y sont, en particulier, réduits tant en semaine que le samedi matin — pourtant jour d’affluence. Le bureau y est fermé tous les mercredis.

 

Malgré quelques dénégations orales assez évasives, il confirmait aussi un avenir très incertain dans les 2 ans … Dans l’immédiat le transfert du trafic vers les PIMM’s des Baconnets, voire le bureau Antony-Leclerc, est vécu comme une brimade par les nombreuses personnes âgées et tous les autres habitants de la zone urbaine Pajeaud. Il ne doit pas avoir lieu

 

 

Bien évidemment, notre élue Isabelle Delpech a porté ces positions vis-à-vis du service public lors des séances du conseil municipal. Voir la vidéo du conseil municipal du 2 février.

Voici le courrier que les élus Front de Gauche des Hauts-de-Seine ont adressé à la direction de la Poste

à Monsieur PHILIPPE WAHL, Président, Directeur général du Groupe La Poste

à Monsieur JEAN MICHEL BAYLET, Ministre de l’Aménagement du Territoire, de la ruralité et des collectivités locales

 

Nous, élus des Hauts-de-Seine, Maires, Conseillers départementaux et régionaux, souhaitons vous faire part de nos plus vives inquiétudes sur le renouvellement du Contrat de Présence Postale Territoriale pour les années 2017/2019, en cours de négociation.

 

En effet, les éléments dont nous disposons sont très alarmants. 15 bureaux de poste sont menacés, à très court terme, de fermeture dans le département des Hauts-de-Seine. Plus de 250 suppressions en France. De très nombreux autres voient leur amplitude horaire réduite, restreignant ainsi l’accès des usagers aux services postaux. Notre Département n’est pas le seul concerné. Année après année, la Direction nationale de La Poste, sans opposition de l’Etat, ferme des bureaux, des centres de tri, réduit ses horaires d’ouverture, en milieu rural et désormais en zone urbaine dense.

 

Les services aux usagers, comme celui universel de la distribution de courrier, l’accessibilité bancaire, la présence postale sur l’ensemble du Territoire sont déjà fortement dégradés. Les tournées des facteurs ne sont plus assurées quotidiennement. Les personnels sont maltraités entre “management” inhumain et répression syndicale, la précarité devient la norme. En 2015, 7200 emplois ont été supprimés !

 

Pourtant, le groupe La Poste, c’est 635 millions d’euros de bénéfice en 2015, 23 milliards de chiffre d’affaire et plus de 350 millions de CICE, avantages fiscaux accordés par l’État avec l’argent des contribuables ! Ces résultats devraient largement permettre à La Poste d’assurer ses missions, de répondre à l’exigence de service public pour tous, dans la permanence des besoins de proximité pour pallier l’explosion de la pauvreté. Au lieu de cela, la Direction nationale de La Poste cède aux logiques de rentabilité financière à court terme. Elle ferme des bureaux de poste, supprime des emplois et confie à des partenaires privés -superettes de quartier- la gestion de point de contact assurant pour son compte les missions courriers.

 

C’est inadmissible. Nous saluons le refus de l’Association des Maires de France de signer le projet de Contrat de Présence Postale Territoriale que vous soumettez à son accord et à celui de l’Etat au regard des reculs d’implantation que vous envisagez. De nombreuses collectivités locales se mobilisent également pour conserver leurs bureaux de poste. Aux côtés des usagers, des personnels, nous exigeons le maintien de tous les bureaux de Poste du Département et la consultation systématique des élus locaux sur l’évolution de l’ancrage postal territorial.

 

Signataires

 

ELSA FAUCILLON, Conseillère départementale des Hauts de Seine, Conseillère municipale de Gennevilliers, Membre de la Commission de présence Postale territoriale ; GABRIEL MASSOU, Conseiller départemental des Hauts de Seine ; JACQUELINE BELHOMME, Maire de Malakoff ; VANESSA GHIATI, Conseillère régionale, adjointe au maire de Malakoff ; PATRICE LECLERC, Maire de Gennevilliers ; LAUREEN GENTHON, Conseillère départementale des Hauts-de-Seine ; PIERRE OUZOULIAS, Conseiller départemental des Hauts-de-Seine ; MARIE-HELENE AMIABLE, Maire de Bagneux, Conseillère départementale des Hauts-de-Seine ; PATRICK JARRY, Maire de Nanterre, Conseiller départemental des Hauts de Seine.

 



 

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