Conseil municipal du 26 mars : de la nécessité de prendre en compte l’intérêt général

Un budget bien loin de l’intérêt des Antoniens

S’il est vrai que le budget proposé s’inscrit dans un cadre contraint par l’Etat avec la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement (-1,6 millions d’euros pour l’année 2015) et les coûts engendrés par la réforme des rythmes scolaires (+400 000  euros pour l’année 2015), il n’en demeure pas moins qu’il est bien loin de répondre à l’intérêt des Antoniens comme le soulignait notre élu.

En ce qui concerne la section de fonctionnement :

0,3% des dépenses sont consacrées au logement et 2% sont consacrées à l’action économique. A comparer au 10,3% consacrées à l’aménagement et services urbains. C’est bien peu sur des sujets aussi prioritaires. Par ailleurs, 6,7% des dépenses réelles de fonctionnement sont consacrées aux interventions sociales et de santé. Ainsi, sous prétexte que le CCAS dispose d’une « cagnotte », la majorité municipale UMP-UDI a décidé de ne pas augmenter cette année la subvention attribuée au CCAS. Avec l’épargne brute dégagée par la section de fonctionnement pour l’année 2015 : 12,8 millions d’euros, une marge de manœuvre existe qui permettrait :

  • De réouvrir les Mairies annexes fermées.
  • De créer enfin des conseils de quartiers.

En ce qui concerne la section investissement :

46,4 millions d’euros sont consacrés à l’investissement

Si investir en soi n’est pas une mauvaise chose, certains des choix retenus sont par contre des plus critiquables :

Ainsi en est-il :

  • De la construction de la fosse de plongée dans le cadre du projet de centre aquatique de Pajeaud pour laquelle 1,3 millions d’euros sont inscrits pour l’année 2015. Si, sur le sud des Hauts-de-Seine, il y a réellement besoin d’un tel équipement, pourquoi n’est-il pas financé par le conseil départemental ?
  • De l’achat du terrain de Saint Raphaël pour le futur théâtre Firmin Gémier (700 000 euros inscrits au budget 2015) alors qu’il aurait été bien préférable de reconstruire le théâtre Firmin Gémier sur son emplacement d’origine.
  • De la poursuite du déploiement du réseau de vidéoprotection pour 200 000 euros.
  • De l’aménagement du site Jean Zay.
  • Du choix retenu de réaliser certains investissements en VEFA : la crèche Coquelicots à la Croix de Berny et de la future crèche Pajeaud sur les terrains de l’ex. IUFM Val-de-Bièvre. Un mécanisme qui aboutit à permettre à un promoteur privé de réaliser des bénéfices sur des équipements publics.

Des manques également et c’est pourquoi les élus d’Antony à Gauche ont  proposé :

  • La création d’un véritable réseau de pistes cyclables sur la ville.
  • L’implantation de véritables maisons de quartier sur la ville dans les quartiers excentrés du centre ville.
  • La création d’un centre municipal de santé.
  • La transformation de la rue Mounié en zone de rencontre semi-piétonne.

C’est pourquoi les élus d’Antony à Gauche ont voté contre ce budget

S’opposer au projet de nouvelle organisation territoriale de la république (NOTRe), une évidence :

Que prévoit parmi ses nombreuses dispositions le  projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République ? Que les plans locaux d’urbanisme soient soumis à « l’avis conforme » de la Métropole lui donnant ainsi un droit de véto sur les Plans locaux d’urbanisme (PLU). Une situation inadmissible puisque retirant aux communes la libre administration de leur PLU pour François Meunier.

Un projet de loi qui, par ailleurs, s’inscrit dans une logique de régionalisation (nouvelles régions avec des compétences renforcées) et de métropolisation qui éloigne toujours un peu plus les citoyens des lieux de décisions, ainsi que dans une logique de mise en concurrence entre elles des régions et des métropoles telle que voulue au niveau européen en réduisant la libre administration des autres collectivités territoriales ; le tout après avoir réduit leurs ressources et mis sous contrôle leurs dépenses comme le rappelait François Meunier. Ainsi, par exemple, cette loi dans l’état actuel de son projet ôte-t-elle aux départements d’importantes compétences de proximité en les transférant aux régions les mettant ainsi sous la tutelle des régions dans un grand nombre de domaines.

Chacune des collectivités territoriales existantes ont leur utilité. Elles doivent pouvoir disposer de compétences identifiées, mais non exclusives, d’outils de coopération, de moyens pour agir en faveur de projets partagés. Elles doivent aussi avoir la possibilité d’intervenir quand les intérêts de leur territoire sont en cause.

Autant de raisons qui expliquent pourquoi les élus d’Antony à Gauche ont voté pour la motion proposée.

Que l’Etat s’empare de l’aménagement du secteur Jean Zay, pourquoi pas, mais pour quoi faire ?

Construire du logement en Ile-de-France, une nécessité. Que l’Etat s’empare de cette question au travers d’Opérations d’Intérêt National n’est pas forcément une mauvaise chose, tant de municipalités de droite se refusent à construire du logement social.

Le problème est que l’on n’a pas connaissance des projets de l’Etat sur le secteur Jean Zay et plus largement sur l’ensemble du secteur intégré dans l’Opération d’Intérêt National projetée : Jean Zay sur Antony mais également la faculté de pharmacie et l’école centrale à Châtenay-Malabry.  S’agit-il, pour le secteur Jean Zay, de maintenir et de réhabiliter la Résidence Universitaire d’Antony et de construire du logement social et des équipements publics sur l’espace resté libre ou bien de s’inscrire dans le cadre du Protocole d’accord signé entre avec le conseil général des Hauts-de-Seine, la Communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre et notre ville. Aucune garantie n’est donnée sur le sujet selon François Meunier.

Ce qui est sûr c’est que pour la majorité municipale, en proposant de s’opposer à l’Opération d’Intérêt National projetée, il s’agit de pouvoir mettre en œuvre son projet d’aménagement de ce secteur sans aucune contrainte ; projet qui consiste à amputer la Résidence Universitaire de la moitié de sa capacité à minima et d’édifier à la place des logements étudiants démolis, des logements privés.

Les élus d’Antony à Gauche se sont donc abstenus

Liaison TGV Massy-Valenton : son abandon, une nécessité

Demander l’abandon définitif du projet Massy-Valenton et faire savoir son opposition à ce projet lors de l’enquête publique, qui peut être contre ? Un projet nuisible pour l’ensemble des riverains de cette ligne, un projet qui n’aurait jamais voir le jour.

Néanmoins aurait pu être également demandé :

  • L’abandon de l’enquête publique que l’Etat s’apprête à lancer sur le sujet ; une enquête publique qui aujourd’hui n’a plus de sens, ni de raison d’être.
  • La réalisation de la LGV Sud. Peut être pas dans sa configuration envisagée initialement mais dans une configuration plus réduite permettant à minima de desservir par TGV l’aéroport d’Orly.

Une motion que les élus d’Antony à Gauche ont, bien sur, voté

Accessibilité des personnes handicapées : il reste beaucoup à faire !

Antony, comme beaucoup trop de villes en France, ne respectera pas la mise aux normes d’accessibilité des bâtiments publics, de la voirie et des modalités de transport, prévue pour le 1er janvier 2015 dans la loi du 11 février 2005 (Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées).

Des aménagements importants ont été faits, mais bien insuffisants par rapport aux besoins comme le faisait remarquer Isabelle Delpech. Si presque 100% des traversées ont été rendues accessibles, moins de 60% des voies sont conformes et 32 d’entre elles nécessitent des travaux importants. Il est regrettable qu’une ordonnance publiée le 26 septembre 2014, autorise les autorités publiques à différer encore de 3, 6 ou 9 ans les travaux nécessaires : ce sera le choix de la majorité municipale, pour qui l’urgence va plus vers l’installation de caméras de surveillance, la construction d’une fosse de plongée,…

Enfin, même si le fonctionnement de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ne dépend pas de notre municipalité, il est de notre devoir de soutenir les Antoniens qui doivent attendre 6 mois pour une simple carte de place de stationnement pour handicapés, 12 mois pour pourvoir bénéficier de l’allocation d’adulte handicapé et près de 18 mois pour l’instruction d’un dossier de prestation de compensation du handicap. Notre département est suffisamment riche pour subventionner suffisamment la MDPH de façon à ce qu’elle puisse recruter le personnel nécessaire à l’établissement de ces aides.

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