Bidonville de Wissous : Où en est-on?

Mardi 1er mars 2016:

Nous ignorons toujours quelle a été la décision de justice rendue hier.

Lundi 29 février 2016:

La décision qui devait être prise vendredi dernier (26 février) a été repoussée à aujourd’hui. Nous ne savons pas pour l’instant ce qui a été prononcé.

Vendredi 26 février 2016:

Le démantèlement du camp de Rroms de Wissous a été évité. Le tribunal doit aujourd’hui se prononcer pour ou contre ce démantèlement. Un démantèlement tel qu’il se profile actuellement (avec bulldozers et CRS) serait une catastrophe humaine.

■   D’une part, les nombreux traumatismes infligés seront irréversibles (plusieurs scènes de brutalité ont été observées sur les enfants, alors que les associations s’échinent à les faire scolariser).

■   D’autre part, tous les efforts d’intégration seraient à reprendre à zéro. On ne peut pas à la fois se plaindre des Rroms et à la fois les pourchasser où qu’ils aillent!

Les solutions existent!

Le manque d’intérêt politique sérieux est flagrant, et ce n’est pas faute de moyens, puisque des fonds européens sont débloqués… qui sont ensuite ignorés par les élus locaux. Ils n’utilisent même pas le financement qui leur est offert pour mettre fin au martyr des Rroms. On observe ce manque d’intérêt aussi bien au niveau national qu’au niveau local.

■   Lire l’article : Roms: la France sous-utilise les fonds européens d’insertion

■   En Île de France, des choses auraient été possibles : Programme opérationnel 2014/2020 Île de France (fonds européen) Cependant avec l’élection de Valérie Pécresse, qui a déclaré maintes fois son hostilité envers les programmes d’entraide, il est à craindre que tout ça ne soit balayé d’un revers de main.

■   L’année dernière, les élus Front de Gauche à la région, tels que Gabriel Massou, tentaient de préciser la question et de parler plus concrètement de l’allocation des fonds.

Le maire de Wissous, Richard Trinquier, montre envers les minorités son hostilité habituelle (voir ci-dessous: septembre 2015)

Jeudi 18 février 2016:

Tous les signes annoncent une évacuation imminente du camp de Rroms de Wissous. Le préfet de l’Essonne, Bernard Schmeltz, en a donné l’autorisation, et on ne peut imaginer qu’il l’ait fait sans l’aval de sa hiérarchie. Mardi dernier, Pierre Duquesne écrivait sur la “politique du bulldozer” dans l’Humanité, et on est en plein dedans.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de presse envoyé ce jour par le collectif Romeurope à Libération, L’Humanité, Le Monde, Médiapart, … concernant l’expulsion. Le but n’est pas de s’opposer à l’expulsion (vu le nombre de cars de CRS qui seront présents) mais de montrer un soutien aux familles et une opposition à cette politique de l’expulsion systématique.

 

Bidonvilles de Wissous :

L’évacuation signera l’arrêt net du processus d’intégration

Déjà expulsées d’autres bidonvilles d’Ile de France, plus de 150 familles rroms et roumaines se sont installées à Wissous (Essonne) l’été dernier. Depuis, avec l’aide des bénévoles du collectif Romeurope Antony-Wissous, elles tentent de faire valoir leurs droits : scolarisation des enfants, domiciliation, accès aux soins…

Pourtant l’hostilité du maire de la commune ne leur a guère laissé de répit ; il leur a refusé : les transports scolaires, l’approvisionnement en eau, les sanitaires, la collecte des déchets – ce qui ne l’empêchera pas d’invoquer l’insalubrité des terrains pour prendre un arrêté d’expulsion en octobre dernier.

La domiciliation, clé de l’insertion car elle permet l’accès aux droits (santé, travail), leur a aussi été refusée par le maire de Wissous, président du Centre communal d’action sociale. C’est pourtant une obligation légale.

En dépit de toutes ces difficultés, plus de trente enfants ont été scolarisés, dans les écoles maternelle et élémentaire de Wissous et les collèges à Massy.

Pour eux, pas de car de ramassage ! Qu’à cela ne tienne, depuis la rentrée des classes, chaque jour une quinzaine de trajets (dans les véhicules particuliers des bénévoles) ont été réalisés pour les transporter.

Au sein de leurs établissements, ils ont fait d’énormes progrès, notamment dans la maîtrise de la langue française. Ils ont une vie qui, pour partie, ressemble à celle de tous les enfants de France.

La relative stabilité des familles depuis 6 mois a aussi rendu possible la mise en route de traitements médicaux et bucco-dentaires, l’inscription dans les missions locales pour la formation et l’emploi, l’apprentissage du français.

Pourtant, en accordant au maire de Wissous le concours de la force publique pour une évacuation que l’on dit imminente, le préfet de l’Essonne et la sous-préfète de Palaiseau ont pris la responsabilité d’un terrible gâchis : la scolarisation des enfants sera  interrompue voire définitivement arrêtée.

Les disperser loin de Wissous stoppera net et peut-être de façon irrémédiable tous les efforts d’intégration.

Pourquoi les expulser en plein hiver, prendre le risque de les condamner à la rue ?

Nous demandons :

– que tous ces enfants puissent sereinement finir l’année scolaire dans leur classe, avec leurs camarades, leurs professeurs, au sein des établissements dans lesquels ils ont, parfois difficilement mais sûrement, pris leur place.

– que soit prise en compte la solution consistant, à court terme, à viabiliser les terrains sur lesquels les familles sont actuellement installées.

– pour le moyen terme, que le projet de village d’insertion auquel travaillent le collectif et l’association Intermèdes Robinson, soit examiné avec toute l’attention requise par les services compétents.

– la prise en compte des six propositions de la charte élaborée par des maires d’Ile de France.

Nous attelndons de l’Etat français et des collectivités territoriales qu’ils respectent et fassent respecter les droits fondamentaux des personnes vivant sur le territoire national.

 

Le collectif Romeurope Antony-Wissous

Contacts :

Marie Larger 

Annie-Laure Hagel 

 

Septembre et octobre 2015:

Le maire de Wissous, Richard Trinquier, montre envers les minorités son hostilité habituelle. Il leur a refusé les transports scolaires, l’approvisionnement en eau, les sanitaires, la collecte des déchets – ce qui ne l’a pas empêché de parler “d’insalubrité” pour prendre un arrêté d’expulsion en octobre.

Il a été jusqu’à haranguer la foule le 28 septembre 2015 — belle politique d’apaisement. La question des bidonvilles reste toujours la même : une forte concentration de populations pauvres provoque forcément des dégradations et des larcins… mais Richard Trinquier ne saurait faire croire aux riverains que c’est à eux de supporter le coût de l’accueil et de l’intégration, puisque des fonds européens existent…qui sont sous-utilisés (lire plus haut : 26 février 2016)

Juillet 2015 : 

Le “ras-le-bol” des riverains commence à monter. On voit par exemple paraître l’article “tensions autour du bidonville” dans le journal local essonnien Le Républicain.

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